" Les cendres, le charbon, c’est sa manie à Elle et tous les visages y passent, familiers ou inconnus. Vois comme elle plonge dans le Grand Livre Noir, on dirait qu’elle cherche quelqu’un en particulier dans l’obscurité générale... Elle les veut qui cherchent, mais aucun n’entre franchement dans sa lumière. Elle les veut évanescents, au bord de l’indistinct dans la tiédeur du Grand Livre Noir, afin qu’ils restent vigilants, possibles. Ils ne pleurent pas dans l’ombre mais presque et tu remarqueras qu’ils ont chacun des petits airs d'Elle... C’est pour ça que je regarde, que je l’épie sans relâche depuis bien des bouts de temps : Elle chapitre les mémoires qui flanchent, nos livres ouverts, béants. Elle me parle doucement, de l’absence de la couleur, des essais qui m’ont marqué et dont les titres trottent encore dans le terrain vague du marché. "

Vincent Dieutre

                                                                                                        

" Ashes and charcoal, that’s her way. Each and every face goes through it, whether familiar or unknown. See how deeply she dives into the Great Black Book, as though she were searching for one face in particular in the overall darkness… She wants them to search, but no one steps completely into her light. She wants them fading, on the verge of a blur in the warmth of the Great Black Book, so that they remain vigilant, possible. They don’t cry in the shade, yet they almost do, and you’ll notice that they each look slightly like Her... That is why I have been observing, spying on her non-stop for many stretches of time : She itemizes our stumbling memories, our gaping open books. She speaks to me softly, of the absence of color, of essays that left a mark on me, whose titles still wander in the empty lot of the marketplace. "

Vincent Dieutre

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